Croix en Ternois 2010
Croix-en-Ternois (18 & 19 Septembre 2010.
Dernière démonstration de side-cars classiques de l’année à laquelle Phil a décidé de participer. On s’était donné RDV sur le circuit le vendredi 17 vers 18.00 heures.
Samedi 18:
Samedi matin on ramène le pain pour l’équipe. Notre première séance de roulage n’aura lieu que vers 10h30 et on a le temps de se préparer gentiment.
Y a des meules partout, des caisses à outil qui débordent de cliquets et de clé au pas anglais. Le paddock s’est bien remplis depuis hier soir. Au fur et à mesure que l’heure avance, la tension monte. Enfin, l’heure de se présenter en pré grille arrive. Un dernier tour aux toilettes pour voyager léger (qui a dit " le pissou de la peur ?! ") et on s’habille.
Là, je dois dire que j’ai fait forte impression avec ma combard toute neuve ! Evidemment, les colibets fusent. Bande d’andouilles ! Tout le monde ne peux pas se promener avec une combinaison qui porte les traces de toutes vos erreurs de pilotage et de vos repères de freinage au panneau " trop tard ! ". Je suis un pro moi, et Phil aussi ! Nous sommes l’aristocratie de la compétition side-car vintage ! Nous devons faire bonne impression pour nos sponsors, nous ! Jaaaaaaaloux !
Pour faire taire ce beau monde, je décide quand même de me rouler par terre pour chasser le mauvais œil (non, je ne suis pas superstitieux : ça porte malheur).
Zou, en route. Arrivé en pré-grille, ça papillonne de tous les côtés. Phil me présente du monde. Je ne retiens aucun prénom. Je mate les autres sides d’un œil craintif : Ils ont tous l’air plus rapide que nous. Ca craint !
Et pourquoi ils ont tous des combinaisons rapées de partout ? Et pourquoi ce singe a un slider en métal sur le cul ? Et pourquoi je n’entends plus rien quand on me parle ?
Je vais me poser sur le muret et attendre que l’on démarre le side. Pourquoi je fais ça, merde ? J’aurais pu tranquillement rester chez moi, devant la téloche à regarder " des chiffres et des lettres " !
Enfin ça bouge ! Mettre le casque, fermer la combinaison (neuve), mettre les gants, brancher les câbles entre la batterie de bagnole et le side pour le démarrer, débrancher les câbles, ranger les câbles et la batterie sur le côté et sauter dans le panier.
C’est parti mon kiki. D’un seul coup la tension retombe, je retrouve mes marques. Les bons gestes reviennent et je charge l’arrière du side pour le virage à droite en bout de ligne droite. Phil part gentiment et monte en rythme au fil des tours. Premier virage à gauche et premier " toucher de fesse ". Nickel ! ça passe impeccable et j’ai réussi à ne pas me répandre sur le revêtement.
Les tours se suivent et au bout d’un quart d’heure je suis bien content de voir arriver la fin de la séance. Je suis épuisé ! Comment je vais survivre à ce week-end, moi ??!
On rentre au paddock.
Merdum, la batterie ! On a oublié la batterie et les cables en pré-grille. Je tape sur l’épaule de Phil et lui hurle de s’arrêter. Je cours la chercher (en fait j’essaye de marcher droit devant tous ces spectateurs qui me regardent passer d’un œil envieux). Finalement je suis un héros, un dingue qui n’a pas froid aux yeux : je suis un " singe " !
De retour au camping-car, on se félicite, on commente, on rigole. On est pas bien là ? On a survécu !
Faut faire sécher les gants, les casques et les combinaisons. Marrant, je me souvenais pas qu’il faisait aussi chaud !
C’est au reste de l’équipe de rouler. Ils sont déjà en pré-grille au moment oú les sides sont sorti : Gérald et son Tribsa, Stéphane, Bob et les autres avec leurs RDLC et TZ.
Quand ils rentrent de leur séance de roulage, Phil, Froggette et moi avons déjà attaqué l’apéro. Y a des priorités dans la vie, non ?
A peine changé, Gérald se remet à la mécanique. Il a des problèmes de boîte de vitesse. Etonnant pour une anglaise ! Je vous laisse imaginer ce qu’il va entendre durant tout le W-E, puisqu’il n’aura pu rouler qu’une fois.
Officiellement, son Tribsa est en phase de développement … depuis deux ans !
Stéphane vient aux nouvelles et on discute de son RDLC. D’après lui, c’est la meilleure bécane pour rouler en démo. Il n’y a rien à faire dessus qu’à mettre de l’essence et rouler. Il aurait mieux fait de la fermer : l’après-midi il a ouvert le moteur parce qu’il n’arrivait plus à descendre les vitesses. Si c’est ça " rien à faire dessus ", qu’est-ce que ça devient quand il y a un peu de maintenance à effectuer ?
Je demande à Gérald si ça ne serait pas plus simple de rouler en japonaise. Réponse laconique : j’ai pas le permis ! Et toc !
La séance de roulage de l’après-midi se déroule impeccablement pour Phil et moi sous un soleil magnifique. Je m’apercevrai le soir en prenant ma douche que j’ai un superbe bleu sur la hanche ! Mauvaise position dans les virages à droite. Je la modifierai le dimanche et ça ira mieux.
Dimanche 19 :
Fait gris, fait froid, y a un méchant crachin, j’ai mal partout, je suis pas réveillé et les sides sont les premiers de la journée à tourner à 08.30. C’est pas humain. Et dire qu’il y a trois séances de roulage de prévu pour nous aujourd’hui.
Finalement tout se passe bien et après deux tours, le side, Phil et moi, on est chaud. On s’améliore au fil des tours et on arrive même à passer quelques équipages sur la ligne droite. Notre machine fonctionne tellement bien que l’équipe décide de la surnommer " la Katapulte " (avec un K, parce que c’est une BMW).
En début d’après-midi, retour sur la piste avec le soleil. Là, les choses ont été plus rock’n roll !
Fin du deuxième tour, je vois un grand nuage de poussière en bout de ligne droite. Un side vient de se sortir. Il me semble qu’ils ont mis la cabane sur le chien mais les deux gars sont debout et se démènent pour retourner sur la piste. Plus de peur que de mal.
De notre côté, la greffe entre pilote, copilote et machine semble prendre. On progresse et on dépasse des équipages dans la partie sinueuse du circuit. On se retrouve bouchonné une ou deux fois mais Katapulte nous sort de là, quitte à passer entre deux équipages avant d’attaquer un beau virage à gauche. Désolé les gars, on est pressé. Les rascals tentent de s’accrocher et on a droit à une belle passe d’armes pendant deux tours. J’essaye de ne pas me coucher dans un panier qui ne m’appartient pas, ça ferait désordre.
Et puis une nouvelle surprise en bout de ligne droite quand on arrive : un side se retrouve dans l’herbe à l’intérieur de virage. Au milieu de la piste il me semble voir un étrier de frein ( !) et dans l’herbe il y a une roue. Le side à perdu sa roue !!! Je n’ose pas imaginer ce qui se serait passé s’il l’avait perdu à pleine vitesse. Là encore, plus de peur que de mal.
Les commissaires de piste agitent les drapeaux jaunes : fin de séance, déjà !
J’étais si bien dans le rythme que je serai resté encore un peu. Phil, lui, est complètement HS. Les conséquences de notre baston avec les autres.
Mais on s’est bien marré et on a vraiment progressé durant le week-end. D’un commun accord, on décide de ne pas faire la troisième séance de roulage. Phil doit être de retour en Normandie le soir même. On se reverra au printemps, regonflés à bloc.
Froggette et moi sommes allés manger à Berck Plage le soir même. On voulait quand même voir à quoi ressemble une mer pas bleue et moi j’avais envie de moules frites …
Manu, le Singe.